Il est 10 heures, je me réveille et vais ouvrir mes volets. Je les vois. Je vais ensuite dans ma cuisine pour déjeuner. Toutes les 6 heures je dois prendre ma pilule de survie, la première est prise avec mon café. Cela fait maintenant un an qu'ils sont apparus, et ils n'ont toujours pas quittés la terre. J'étais là lorsqu'ils sont arrivés, c'était en plein milieu d'une rave.
Ils ressemblaient à des ombres maléfiques tout droit sorties de l'enfer, ils se déplaçaient à une telle vitesse que leur pas ne semblaient pas fouler le sol, tels des spectres en lévitation. Le premier monstre atteignit la foule en quelques secondes et s'attaqua au premier raveur qui se trouvait sur son chemin, le pauvre individu hurla comme un possédé lorsque l'ombre s'enveloppa autour de lui. Suivant cet exemple, la déferlante d'ombres s'attaqua à tous les autres raveurs. De tous les côtés, des cris agonisants s'élevaient.
J'étais le seul survivant, perdu au milieu de ce carnage. Je m'étais éclipsé discrètement afin d'avoir la vie sauve, et je courus comme si j'avais la mort à mes trousses. Je courus jusqu'à ma tente et attendis...Un homme arriva, ouvrit ma tente et me demanda si je cherchais des pilules de survies. Il me dit que c'était ma seul chance de survivre face aux ombres, il me précisa que je devais en prendre une toutes les 6 heures. Il m'expliqua aussi que le reste des personnes n'étaient pas mortes comme je le pensais, mais s'étaient transformées à leur tours en monstre. La pilule de survie constituait donc le seul moyen de rester humain. Je décidais de rester là jusqu'au lever du jour, pensant que le soleil les ferait fuir.
A l'aube, je me réveillais pensant que tout ceci n'était qu'un horrible cauchemar. En dehors de ma tente il ne restait plus rien, tout le matériel de la veille avait été rangé, les lieux étaient désert. La seul chose qu'il me restait à faire était de rentrer chez moi. Sur le chemin du retour, en cherchant de l'eau dans mon sac je trouvai une petite boite remplie de pilules blanches, sur le couvercle il était écrit <<pilule de survie>>. Cela me fit un choc ! Ce que je pensais n'être qu'un rêve était en fait la pure réalité. Un événement qui se produisit quelques kilomètres plus loin confirma mes doutes. Le long de la route il y avait une des ombres que j'avais vus la veille. Mon premier réflexe fut de prendre une pilule et de rentrer chez moi au plus vite. J'arrivai en sueur, les membres tremblants de fatigue, mais encore plus de peur. J'avais réussi à leur échapper. Même si aucune d'elles ne s'étaient montrées, j'avais tout de même senti leur présence maléfique me suivre. Je me barricadai, la porter fermée à double tours, les volets clos, et devant chaque ouverture, je mis un meuble. Je sentis enfin un sentiment de sécurité m'envahir, même si je savais qu'il ne s'agissait que d'une illusion. Je profitai ensuite de cet instant de calme, de tranquillité pour me détendre et faire le point sur les événements qui s'étaient produits la veille. J'essayais en premier lieu de me rappeler le déroulement des faits.
Les ombres étaient apparues aux alentours de minuit, quelle ironie, minuit l'heure où dans les contes les événements surnaturels surgissent. Mais nous n'étions pas dans un conte, nous étions dans la vie, une vie réelle et tangible où le fantastique n'avait pas lieu d'être, où des ombres maléfiques n'avaient de place que dans l'imaginaire. Mais malheureusement, elles étaient bien là, réelles comme tous ce qui nous entourait, et bien vivantes. Je les avaient vu tuer, transformer, peu importe le terme, des centaines et des centaines d'âme n'étaient plus. J'avais toujours voulu vivre dans un univers de fantastique, peuplé d'elfes, de dragon et de bien d'autres créatures mystérieuses. Mais ce que je vivais là était bien différent. J'avais vu la mort, j'avais eu peur, j'étais perdu ne sachant ce qui se passait, ce qui arrivait et surtout, pourquoi j'étais le seul survivant. Pourquoi ces ombres avaient-elles tuée tous le monde mais ne m'avaient pas vu ? Etait-ce un coup du sort ? Mon heure n'avait peut-être pas encore sonnée, ou, simplement parce qu'elles avaient d'autres projet pour moi. Mais, ces ombres seraient donc intelligentes, cela voudrait dire qu'elles seraient plus que de simples ombres, peut-être des extraterrestres, ou encore des intra-terrestres, ces êtres qui vivraient sous terre. En tout cas ce qui était sûr, c'est que peu importe qui elles étaient, je devais leur échapper, je devais survivre.
Petit à petit, cette notion s'insinua dans mon esprit, je ferai tout ce qu'il y a de possible pour survivre, je me battrai, je vivrai s'il le faut dans l'illégalité, je serai plus fort que mes ennemis, je vaincrai.
Tel était mon état d'esprit à ce moment-là.
Les jours suivants ces événements, ma vie prit un tournant que je n'aurais jamais pu imaginer. Au début, je restai cloitré chez moi, en sécurité à regarder par la fenêtre si j'apercevais des ombres. Mais une semaine après l'invasion, je n'avais plus le choix, je devais sortir, j'y étais obligé. Tout simplement parce que les vivres commençaient à manquer, mais plus grave encore il ne me restait plus que trois pilules, soit 18 heures devant moi. Obtenir de nouvelles pilules était vital si je voulais continuer à vivre. Aux alentours des 11 heures, je sortis, pensant que le soleil, étant haut dans le ciel, les ferait fuir. La rue était remplie de spectres, comme une toile noire qu'on aurait suspendue sur le paysage habituel. Il régnait un silence lugubre, et, malgré l'été un lourd et épais brouillard recouvrait le sol. Je pris malgré tout mon courage à deux mains et avançai. Je passai à un mètre d'un spectre, celui-ci ne remarqua même pas ma présence. Les pilules ne servaient pas à empêcher de se transformer en spectre, en fait, grâce à elle les spectres ne pouvaient me voir. Cela changeait donc tout, à partir du moment où je prenais mes pilules, je pouvais sortir en ville sans aucun risque. Cela allait donc tout changer, je pourrais me nourrir et chercher d'autres pilules sans danger, à condition de trouver un vendeur. Je me mis donc à la recherche de mon sauveur. Je parcourus la ville pendant de longues heures, en vain. Je décidai le soir venu d'abandonner et de remettre les recherches au lendemain. Sur le chemin du retour, j'entendis un bruit dans une ruelle avoisinante.
Cela me redonna l'espoir, les spectres étaient aussi silencieux que la mort : un être vivant devait être là! Mon c½ur fit un bon, j'aperçus un homme, bien vivant en chair et en os, l'espoir renaissait ! J'engageai la conversation avec lui, il m'apprit qu'un réseau c'était créé et organisé afin de fournir à tous les survivants moyennant finances des pilules de survie, et de la nourriture. J'étais sauvé, j'allais pouvoir survivre à cette invasion. Je rentrai chez moi le c½ur léger, avec des pilules de survies et de la nourriture, mais le porte-monnaie vide.
Pendant une année, les jours s'enchainèrent, une routine se mit en place. Je volais tout et n'importe quoi pour pouvoir m'acheter des pilules et de la nourriture, puis je rentrais chez moi. Le vendeur acceptait aussi bien l'argent que le troc, ce qui facilitait mes affaires.
Il est 10 heures, je me réveilles et vais ouvrir mes volets. Je les vois. Je vais ensuite dans ma cuisine pour déjeuner. Et là, je sens des frissons me remonter le long du dos. Elles arrivent. Au cours de cette année passée en leur compagnie, j'ai acquis certains sens me permettant de savoir si elles sont proches ou non. Mais ça devrait aller, je peux continuer à préparer mon déjeuner, j'ai pris ma pilule de survie, elles ne me verront pas. Pourtant, j'entends ma porte d'entrée s'ouvrir, un sentiment d'insécurité m'envahi, ce qui ne devrait pas avoir lieu. Je me retourne, et, je les vois. Mais ce ne sont pas ces ombres noires, habituelles, celle-ci sont blanches et peuvent me voir. Elles se dirigent vers moi, je suis bloqué, aucun moyen de m'enfuir ! Elles me saisissent délicatement mais fermement, aussi bien que je n'ai aucun moyen de m'échapper. Une des ombres s'approche de moi et tend sa main vers ma tête et ...
Je me réveille dans une toute petite salle, je suis attaché sur un lit, pieds et mains liés. Une ombre est devant la porte elle me surveille, elle s'approche...
Je n'arête pas de me réveiller et de replonger dans le sommeil, je ne sais pas combien de temps je suis ici, peut-être est-ce un jour, peut-être est-ce 6 mois, je ne sais pas. En tout cas je me sens faible, si faible. Je suis en manque...
Encore une fois je me réveille, les ombres commencent à changer, j'entend des voix, mais que m'ont-elles fait ?
«-Vous croyez qu'il va s'en sortir ?
-Vu la quantité de pilules qu'il a absorbé, c'est déjà un miracle qu'il soit encore en vie».
Mais où suis-je ? Qu'es ce qui se passe ? L'ombre arrive vers moi, elle me parle.
Aujourd'hui je dois me présenter au reste du groupe.
« -Bonjour, je m'appelle Loïc, j'ai 22 ans et je suis un ex-drogué...≫.
Fin
[Text and pix by me]